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Aldéhyde formique et solutions aqueuses

Fiche toxicologique n° 7

Sommaire de la fiche

Édition : Mars 2025

Recommandations

Les recommandations dépendent de la concentration en aldéhyde formique et en méthanol des solutions aqueuses mises sur le marché. Les recommandations de cette fiche s'appliquent à des concentrations élevées en aldéhyde formique et en méthanol ; elles devront être pondérées pour des concentrations plus faibles.

Au point de vue technique

Information et formation des travailleurs

  • Instruire le personnel des risques présentés par la substance, des précautions à observer, des mesures d’hygiène à mettre en place ainsi que des mesures d’urgence à prendre en cas d’accident.
  • Former les opérateurs à la manipulation des moyens d’extinction (extincteurs, robinets d’incendie armés…).
  • Former les opérateurs au risque lié aux atmosphères explosives (risque ATEX) [15].
  • Observer une hygiène corporelle et vestimentaire très stricte : lavage soigneux des mains (savon et eau) après manipulation et changement de vêtements de travail. Ces vêtements de travail sont fournis gratuitement, nettoyés et remplacés si besoin par l’entreprise. Ceux-ci sont rangés séparément des vêtements de ville. En aucun cas les salariés ne doivent quitter l’établissement avec leurs vêtements et leurs chaussures de travail.
  • Ne pas fumer, vapoter, boire ou manger sur les lieux de travail.

 

Manipulation

  • N’entreposer dans les ateliers que des quantités réduites de substance et ne dépassant pas celles nécessaires au travail d’une journée.
  • Éviter tout contact de produit avec la peau et les yeux. Éviter l’inhalation de vapeurs et d'aérosols. Effectuer en système clos toute opération industrielle qui s’y prête. Dans tous les cas, prévoir une aspiration des vapeurs à leur source d’émission, ainsi qu’une ventilation des lieux de travail conformément à la réglementation en vigueur [81].
  • Réduire le nombre de personnes exposées aux solutions d'aldéhyde formique.
  • Éviter tout rejet atmosphérique d'aldéhyde formique.
  • Faire évaluer annuellement l’exposition des salariés à l'aldéhyde formique présent dans l’air par un organisme accrédité et s’assurer du respect de la ou des valeurs limites d’exposition professionnelle réglementaire(s) (§ Méthodes de détection et de détermination dans l’air).
  • Les équipements et installations conducteurs d’électricité utilisant ou étant à proximité de solutions d'aldéhyde formique doivent posséder des liaisons équipotentielles et être mis à la terre, afin d’évacuer toute accumulation de charges électrostatiques pouvant générer une source d’inflammation sous forme d’étincelles [82].
  • Les opérations génératrices de sources d’inflammation (travaux par point chaud type soudage, découpage, meulage…) réalisées à proximité ou sur les équipements utilisant ou contenant des solutions d'aldéhyde formique doivent faire l’objet d’un permis de feu [83].
  • Au besoin, les espaces dans lesquels la substance est stockée et/ou manipulée  doivent faire l’objet d’une signalisation [84].
  • Ne jamais procéder à des travaux sur ou dans des cuves et réservoirs contenant ou ayant contenu de l'aldéhyde formique sans prendre les précautions d’usage [85].
  • Supprimer toute autre source d’exposition par contamination accidentelle (remise en suspension dans l’air, transfert vers l’extérieur ou contact cutané) en procédant à un nettoyage régulier des locaux et postes de travail.

 

Équipements de Protection Individuelle (EPI)

Le choix des EPI dépend des conditions au poste de travail et de l’évaluation des risques professionnels. Ils ne doivent pas être source d’électricité statique (chaussures antistatiques, vêtements de protection et de travail dissipateurs de charges) [86, 87]. Une attention particulière sera apportée lors du retrait des équipements afin d’éviter toute contamination involontaire. Ces équipements seront éliminés en tant que déchets dangereux [88 à 91].

  • Appareils de protection respiratoire : leurs choix dépendent des conditions de travail ; si un appareil filtrant peut être utilisé, il doit être muni d’un filtre de type AB2P3 lors de la manipulation de la substance. En cas de déversement accidentel ou de travail en espace confiné, un appareil de protection respiratoire isolant est recommandé [92].

  • Gants : les matériaux préconisés pour un contact prolongé sont les caoutchoucs butyle, nitrile et néoprène, les élastomères fluorés Viton®, Viton®/Caoutchouc butyle, les matériaux multicouches AlphaTec®02-100 et Silver Shield® (PE/EVAL/PE) D’autres matériaux peuvent également être recommandés pour des contacts intermittents ou en cas d’éclaboussure : polychlorure de vinyle. Le caoutchouc naturel est à éviter [93 à 95].
  • Vêtements de protection : quand leur utilisation est nécessaire (en complément du vêtement de travail), leurs choix dépendent de l’état physique de la substance. Seul le fabricant peut confirmer la protection effective d’un vêtement contre la substance. Dans le cas de vêtements réutilisables, il convient de se conformer strictement à la notice du fabricant [96].
  • Lunettes de sécurité : le point 8 de la FDS peut renseigner quant à la nature des protections oculaires pouvant être utilisées lors de la manipulation de la substance [97].

 

Stockage

  • Stocker les solutions d'aldéhyde formique dans des locaux frais et sous ventilation mécanique permanente. Se conformer aux instructions du fournisseur en particulier en ce qui concerne la température de stockage qui dépendra de la teneur en aldéhyde formique et en inhibiteur. Tenir à l’écart de la chaleur, des surfaces chaudes et de toute autre source d’inflammation (étincelles, flammes nues, rayons solaires…).
  • Prendre toutes les dispositions pour s’assurer de la compatibilité des matériaux des récipients de stockage avec la substance des solutions d'aldéhyde formique (en contactant par exemple le fournisseur de la substance ou celui du matériau envisagé) ; l'acier inoxydable, l'aluminium, l'émail ou une résine polyester sont en général utilisés.
  • Fermer soigneusement les récipients et les étiqueter conformément à la réglementation. Reproduire l’étiquetage en cas de fractionnement.
  • Le sol des locaux sera imperméable et formera une cuvette de rétention afin qu’en cas de déversement, la substance ne puisse se répandre au dehors.
  • Mettre le matériel électrique et non-électrique, y compris l’éclairage et la ventilation, en conformité avec la réglementation concernant les atmosphères explosives.
  • Mettre à disposition dans ou à proximité immédiate du local/zone de stockage des moyens d’extinction adaptés à l’ensemble des produits stockés.
  • Séparer les solutions d'aldéhyde formique des produits comburants, des oxydants et des bases. Si possible, les stocker à l’écart des autres produits chimiques dangereux.

 

Déchets

  • Le stockage des déchets doit suivre les mêmes règles que le stockage des substances à leur arrivée (§ stockage).
  • Ne pas rejeter à l’égout ou dans le milieu naturel les eaux polluées par des solutions d'aldéhyde formique.
  • Conserver les déchets et les produits souillés dans des récipients spécialement prévus à cet effet, clos et étanches. Les éliminer dans les conditions autorisées par la réglementation en vigueur.

 

En cas d’urgence

  • En cas de déversement accidentel de liquide, récupérer le produit après l'avoir neutralisé avec du bicarbonate de sodium, de l’hydroxyde d’ammonium ou du sulfite de sodium. Laver à grande eau la surface ayant été souillée [98, 99].
  • Si le déversement est important, aérer la zone et évacuer le personnel en ne faisant intervenir que des opérateurs entrainés et munis d’un équipement de protection approprié. Supprimer toute source d’inflammation potentielle.
  • Des appareils de protection respiratoire isolants autonomes sont à prévoir à proximité et à l’extérieur des locaux pour les interventions d’urgence.
  • Prévoir l’installation de fontaines oculaires et de douches de sécurité [100].
  • Si ces mesures ne peuvent pas être réalisées sans risque de sur-accident ou si elles ne sont pas suffisantes, contacter les équipes de secours interne ou externe au site.

Au point de vue médical

Lors des visites initiale et périodiques

  • Rechercher particulièrement lors de l'interrogatoire et l'examen clinique, des antécédents de pathologies cutanée, oculaire, respiratoires chroniques, ORL, hématologique et neurologique ainsi que des signes d’irritation ou d’allergie cutanée, oculaire ou respiratoires, des symptômes évocateurs d’une atteinte neurologique centrale (céphalées, syndromes ébrieux, psycho-organique …) ou d’une atteinte de la fonction respiratoire.
  • L'examen clinique pourra être complété par la réalisation d’un hémogramme et par des explorations fonctionnelles respiratoires qui serviront de référence. La périodicité des examens médicaux et la nécessité ou non d’effectuer des examens complémentaires (Hémogramme, EFR …) seront déterminées par le médecin du travail en fonction des données de l’examen clinique et de l’appréciation de l’importance de l’exposition.
  • Déconseiller le port de lentilles de contact souples hydrophiles lors de travaux pouvant potentiellement exposer à des vapeurs ou aérosols d’aldéhyde formique.

 

Surveillance post-exposition et post-professionnelle

  • En l’absence de recommandations de bonne pratique concernant la surveillance post-exposition ou post-professionnelle des travailleurs ayant été exposés à cette substance, le médecin considèrera le profil toxicologique de la substance, en particulier sa cancérogénicité ORL (nasopharynx) et hématologique, les scénarios d’exposition, l’état de santé et l’âge des travailleurs concernés.

 

Conduite à tenir en cas d’urgence

  • En cas de contact cutané, appeler immédiatement un SAMU ou un centre antipoison. Retirer les vêtements souillés (avec des gants adaptés) et laver la peau immédiatement et abondamment à grande eau pendant au moins 15 minutes. En cas de contact cutané avec une solution concentrée ou dans le cas d’une exposition prolongée, faire transférer la victime en milieu hospitalier dans les plus brefs délais. Si la victime est inconsciente, la placer en position latérale de sécurité et mettre en œuvre, s’il y a lieu, des manœuvres de réanimation.
  • En cas de projection oculaire, appeler immédiatement un SAMU. Rincer immédiatement et abondamment les yeux à l’eau courante pendant au moins 15 minutes, paupières bien écartées ; en cas de port de lentilles de contact, les retirer pendant le rinçage. Dans tous les cas, consulter un ophtalmologiste qui doit être prévenu de l’aspect trompeur des lésions à un stade précoce, et le cas échéant signaler le port de lentilles.
  • En cas d’inhalation de vapeurs ou d’aérosols, appeler immédiatement un SAMU ou un centre antipoison, faire transférer la victime en milieu hospitalier dans les plus brefs délais. Transporter la victime en dehors de la zone polluée en prenant toutes les précautions nécessaires pour les sauveteurs. Si la victime est inconsciente, la placer en position latérale de sécurité et mettre en œuvre, s’il y a lieu, des manœuvres de réanimation. Si la victime est consciente, la maintenir au maximum au repos. Si nécessaire, retirer les vêtements souillés (avec des gants adaptés) et commencer une décontamination cutanée et oculaire (laver immédiatement et abondamment à grande eau pendant au moins 15 minutes). Prévenir du risque de survenue d'un œdème pulmonaire lésionnel d’apparition parfois retardée et de la nécessité de consulter en cas d’apparition de symptômes respiratoires.  
  • En cas d’ingestion, appeler immédiatement un SAMU ou un centre antipoison, faire transférer la victime en milieu hospitalier dans les plus brefs délais. Si la victime est inconsciente, la placer en position latérale de sécurité et mettre en œuvre, s’il y a lieu, des manœuvres de réanimation. Si la victime est consciente, faire rincer la bouche avec de l’eau, ne pas faire boire, ne pas tenter de provoquer des vomissements.
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